À 200 mètres de l’arrivée, le coureur semblait encore capable de finir. Puis son rythme a brutalement changé. Quelques secondes plus tard, il s’est effondré devant les barrières, sous les yeux des bénévoles et des autres participants.
Selon les premiers éléments rapportés autour de ce type de malaise, l’alerte ne viendrait pas seulement de l’effort, mais de ce que certains sportifs consomment juste avant une course : boissons énergisantes, gels très caféinés ou compléments “pré-workout” pris pour tenir jusqu’au bout.
Le problème n’est pas seulement la fatigue
Sur un semi-marathon, l’organisme est déjà soumis à une forte contrainte : chaleur, déshydratation, montée de l’adrénaline, accélération du rythme cardiaque, perte de sels minéraux. Ajouter une forte dose de caféine ou de stimulants peut accentuer cette pression.
La Mayo Clinic a notamment averti que les boissons énergisantes pouvaient favoriser un état pro-arythmique chez certaines personnes prédisposées, en agissant sur la fréquence cardiaque, la pression artérielle, la contractilité du cœur et la repolarisation cardiaque.
Les compléments “pré-workout” dans le viseur
Les cardiologues s’inquiètent aussi des poudres et boissons prises avant l’effort. Certains produits contiennent de fortes doses de caféine, parfois combinées à d’autres stimulants. Un rapport médical publié en 2024 a décrit un infarctus survenu après la pratique du “dry scooping”, qui consiste à avaler une poudre pré-entraînement sans la diluer correctement.
Cela ne signifie pas que chaque gel ou boisson caféinée est dangereux. Le risque apparaît surtout lorsque les doses s’additionnent : café le matin, boisson énergisante, gel caféiné, puis accélération finale sous stress et déshydratation.
Ce que les médecins recommandent
Le message n’est pas d’arrêter le sport, mais d’éviter les improvisations le jour d’une course. Aucun produit stimulant ne devrait être testé pour la première fois avant un semi-marathon. Il faut aussi lire les doses de caféine, éviter les mélanges et se méfier des produits vendus comme “boosters” sans encadrement médical.
Les symptômes d’alerte doivent être pris au sérieux : douleur thoracique, palpitations, malaise, essoufflement anormal, vertiges ou sensation de cœur qui s’emballe. Dans ce cas, continuer jusqu’à la ligne d’arrivée peut aggraver la situation.
L’effondrement d’un coureur jeune rappelle une réalité souvent oubliée : à 32 ans, on peut paraître en forme et rester vulnérable à une arythmie, à une anomalie cardiaque silencieuse ou à un cocktail défavorable entre effort intense, déshydratation et stimulants. Le dernier kilomètre ne se gagne pas avec une dose de plus, mais avec une préparation testée, progressive et maîtrisée.