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Marathonienne et végétarienne elle apprend à 44 ans quʼelle a fait un infarctus sans le savoir

11 juin 2026

Marathonienne et végétarienne elle apprend à 44 ans quʼelle a fait un infarctus sans le savoir

Elle courait pour se vider la tête, suivait une alimentation végétarienne soignée, et portait fièrement ses médailles de marathons. À 44 ans, un contrôle de routine a révélé une cicatrice invisible, un épisode passé sous silence que personne n’avait vu venir. « J’ai cru à une pointe de fatigue, pas à un problème cardiaque », raconte-t‑elle, encore stupéfaite par l’ironie d’un corps en forme qui envoyait des signaux déroutants.

Ce jour-là, rien ne clochait vraiment

La douleur n’a jamais été aiguë, plutôt une pesanteur dans la poitrine, vite noyée sous l’adrénaline d’un semi-marathon boueux et le bruit des foulées. Elle a terminé, bu sa boisson de récupération, puis repris le fil d’une semaine chargée. « J’avais ce tiraillement dans le dos, et une nausée étrange, mais j’ai continué comme si de rien n’était. »

Les mois ont passé, avec quelques bouffées de vertige, une endurance légèrement rabotée, des matins plus lents. Rien qui justifie une alerte, pensait-elle, jusqu’à un ECG prescrit pour un bilan de sportive.

Une sportive prise de court

Le cardiologue a posé le papier sur la table avec un calme professionnel. « Il y a ici la trace d’un infarctus ancien », a‑t‑il dit, presque doucement. Le mot est tombé comme un poids, plus lourd que n’importe quelle séance de fractionné. « Mais comment, avec mon hygiène de vie ? », a‑t‑elle soufflé.

La réponse était nuancée. Le cœur, même entraîné, n’est pas une assurance tous risques. Certains facteurs échappent au contrôle, se faufilent entre les bonnes résolutions et les kilomètres alignés.

Les limites des signaux “typiques”

Chez les femmes, les symptômes peuvent être atypiques: gêne thoracique diffuse, essoufflement discret, nausées, douleurs dans la mâchoire ou le dos. Pas forcément la douleur « coup de poing » qu’on imagine. « J’ai coché toutes les cases du doute et aucune de la panique », résume‑t‑elle avec une lucidité un peu cruelle.

Les efforts intenses brouillent parfois la boussole. On confond la fatigue d’entraînement avec une alerte, on repousse, on explique. Le corps parle bas quand on lui demande fort.

Au‑delà de l’assiette et des kilomètres

Son bilan a mis au jour un cholestérol global correct, une tension stable, mais une lipoprotéine(a) bien au‑dessus de la moyenne. Ce marqueur, largement génétique, augmente le risque d’événements cardiovasculaires sans prévenir, même chez des profils actifs et minces.

La question de l’alimentation végétarienne s’est aussi invitée à la table. Pas pour la blâmer, mais pour en vérifier les angles morts: fer biodisponible, B12, oméga‑3 longue chaîne. « Ce n’est pas un procès, c’est un ajustement », lui a rappelé la diététicienne.

Réapprendre son rythme

Il n’a pas été question de tout arrêter, mais de recomposer. Traitement adapté, suivi cardiologique, charge d’entraînement plus intelligente. Elle a apprivoisé les zones d’effort, apprenant à écouter ce métronome intérieur que sont la fréquence cardiaque et la variabilité HRV.

« J’ai troqué la performance pour la présence », dit‑elle, sourire un peu neuf. Les sorties sont devenues plus courtes, plus conscientes, les jours de repos vraiment repos. Les médailles brillent moins que la sérénité retrouvée au petit matin.

Ce que la médecine rappelle

Un infarctus silencieux laisse des traces au cœur, parfois subtiles, parfois trompeuses. Le diagnostic tardif n’est pas une fatalité si l’on prête attention aux signaux et si l’on accepte les examens de dépistage adaptés à son profil. « Prévenir n’est pas céder à la peur, c’est gagner du temps », souligne son cardiologue.

La protection, c’est un puzzle: génétique, hormones, stress, sommeil, alimentation, entraînement, environnement professionnel. On peut courir vite, et passer à côté d’un maillon essentiel.

Apprendre à demander de l’aide

Au fil des semaines, elle a repris goût à une discipline plus douce, où la force n’exclut pas la fragilité. Elle parle maintenant de « seuils personnels », de « signaux faibles » qu’on apprend à entendre avant qu’ils ne crient.

« Le plus dur, c’est d’avoir été une héroïne silencieuse de ma propre histoire », confie‑t‑elle. « Le plus beau, c’est de continuer la course, autrement, et de ne plus ignorer ma respiration. »

À retenir

  • Les signaux d’alerte peuvent être discrets: essoufflement inhabituel, nausées, douleurs diffuses au dos ou à la mâchoire, fatigue anormale après un effort modéré.
  • Le risque cardiaque n’est pas annulé par la performance sportive ni par une alimentation exemplaire; la génétique, notamment la Lp(a), peut peser lourd.
  • Un bilan régulier est précieux: ECG, prise de sang, pression artérielle, discussion sur la charge d’entraînement et le stress.
  • Ajuster ne veut pas dire renoncer: on peut préserver le plaisir de bouger avec un entraînement progressif et des objectifs plus souples.
  • Écouter son corps, c’est aussi parler: décrire précisément ses symptômes et consulter quand la boussole intérieure vacille plus que de coutume.

Sur la table de nuit, ses dossards froissés cohabitent avec un carnet de sensations, quelques notes de rythme et une promesse tenue à elle‑même. Courir, oui, mais avec le cœur entier, celui qui parle bas et qu’on choisit enfin d’entendre.

Mathieu Rousseau
Mathieu Rousseau
Passionné de basket depuis toujours, j’ai choisi de transformer cette passion en métier en créant Paris Basketball. Je couvre autant l’actualité française que les grandes compétitions internationales, avec un œil attentif sur les talents émergents. Mon objectif : transmettre l’énergie et les histoires qui font vibrer le jeu.

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