Notre site est un média en ligne indépendant et n’a aucun lien avec le club professionnel Paris Basketball ni avec ses dirigeants.

Sportif et non-fumeur — il découvre à 41 ans quʼil a un cancer du côlon

26 mai 2026

Sportif et non-fumeur — il découvre à 41 ans quʼil a un cancer du côlon

Il courait trois fois par semaine, ne buvait que rarement, et affichait une forme rassurante. À 41 ans, ce père de deux enfants pensait avoir coché toutes les cases d’une hygiène de vie irréprochable. Puis est venue une fatigue étrange, des crampes discrètes, et cette sensation diffuse que quelque chose clochait.

« Je me disais que c’était le stress, ou un manque de magnésium », raconte-t-il. « J’ai repoussé le moment de consulter, parce que je me sentais globalement bien. » La vérité, elle, était plus brutale. Une tumeur colorectale venait de s’inviter dans son quotidien.

Un corps en forme, des signaux discrets

Au début, il n’y avait que des variations du transit, un besoin plus fréquent d’aller aux toilettes, et une fatigue endurante qui s’accrochait. Rien de spectaculaire, rien de franchement alarmant. « J’ai vu un peu de sang une fois, j’ai pensé à des hémorroïdes », confie-t-il.

Les semaines passant, une anémie s’est déclarée, avec des vertiges après les footings et une récupération plus lente. Un médecin a prescrit des examens, dont un test de sang occulte dans les selles. Résultat positif. La suite s’est enchaînée.

Le verdict: une coloscopie qui change tout

La coloscopie, redoutée pour son préparation, a apporté une réponse nette. Une lésion suspecte au côlon gauche, des biopsies immédiates, puis ce coup de fil que l’on n’oublie jamais. « Le gastro m’a parlé de cancer, calmement, avec des mots simples. Je me suis senti à la fois présent et très loin. »

Le bilan d’extension a permis de circonscrire la maladie. Une chirurgie a été programmée, avec exérèse de la tumeur et analyse ganglionnaire. « J’ai eu de la chance dans mon malheur », dit-il. « On a pu intervenir tôt, et j’ai accepté une chimiothérapie préventive malgré la peur des effets secondaires. »

Les idées reçues volent en éclats

Être sportif et non-fumeur réduit des risques, mais ne les annule pas. L’incidence des cancers colorectaux augmente chez les quadragénaires, un phénomène observé dans de nombreux pays. La génétique joue un rôle, l’alimentation et le microbiote aussi, tout comme des facteurs encore mal élucidés.

« Je me croyais protégé par mes habitudes », admet-il. « Ça m’a appris l’humilité, et la valeur d’écouter des signaux faibles. »

Des professionnels rappellent que le dépistage organisé commence souvent à 50 ans, mais qu’un symptôme inexpliqué justifie une évaluation plus poussée, quel que soit l’âge. La clé, c’est d’oser parler des troubles digestifs sans gêne, et d’insister si les signes persistent.

  • Signaux à surveiller: fatigue ferriprive inexpliquée, saignements rectaux ou selles noires, changement durable du transit, douleurs abdominales récurrentes, perte de poids involontaire, sensation d’évacuation incomplète

Se soigner sans se définir par la maladie

Après l’opération, la vie s’est réorganisée autour des perfusions, des bilans et des siestes imprévues. « Le plus dur, c’est le temps entre les examens et les résultats », dit-il. « On apprend la patience, et à demander de l’aide. »

Le sport n’a pas été abandonné, seulement redéfini. De la marche, de la mobilité, puis un retour progressif au vélo. « Bouger me faisait sentir vivant, même à petite dose », explique-t-il. Sa diététique est restée simple: fibres adaptées, protéines suffisantes, hydratation régulière. Surtout, pas d’obsession: « Le but n’est pas d’être parfait, mais de rester présent. »

Autour de lui, un cercle s’est formé: conjointe, amis, collègues, soignants. La parole a désamorcé les peurs. « J’ai dit à mes enfants ce que je pouvais, avec des mots doux. Et j’ai accepté les silences quand il n’y avait rien à dire. »

Et maintenant?

Aujourd’hui, il poursuit ses contrôles, reprend ses allures, et s’autorise de nouvelles priorités. « J’ai remplacé des records par des rituels simples: un café au soleil, un dîner qui dure, un appel à un ami qu’on remet toujours à demain. »

Son message n’est ni moralisateur ni héroïque. Juste direct. « Si quelque chose change dans votre corps et que ça dure, parlez-en. N’attendez pas d’avoir le temps. » Il rappelle aussi que la coloscopie n’est pas un monstre: « L’examen est court, l’équipe sait rendre ça supportable, et le bénéfice est immense. »

Pour celles et ceux qui se croient à l’abri parce qu’ils sont actifs et sans tabac, il propose une nuance: la prévention n’est pas un bouclier, c’est une probabilité qu’on améliore, une chance qu’on augmente, jamais une garantie. Raison de plus pour rester attentif, curieux de ses signaux, et volontaire quand il s’agit de dépister.

« La santé n’est pas un contrat avec des clausules en tout petit. C’est un dialogue, parfois rude, souvent fécond. Et quand on l’écoute, on se sauve du temps. » Entre vigilance et douceur, effort et repos, il trace un chemin possible, fait de pas lents et de reprises mesurées, sans promesse magique, mais avec une force tranquille qui, elle, ne doit rien au hasard.

Mathieu Rousseau
Mathieu Rousseau
Passionné de basket depuis toujours, j’ai choisi de transformer cette passion en métier en créant Paris Basketball. Je couvre autant l’actualité française que les grandes compétitions internationales, avec un œil attentif sur les talents émergents. Mon objectif : transmettre l’énergie et les histoires qui font vibrer le jeu.

Notre site est un média en ligne indépendant et n’a aucun lien avec le club professionnel Paris Basketball ni avec ses dirigeants.